Donner aux perspectives africaines leur place
Sur la plupart des cartes du monde, l'Afrique paraît à peine plus grande que le Groenland. Elle est en réalité quatorze fois plus vaste : avec ses 30 millions de km², elle pourrait contenir les États-Unis, la Chine, l'Inde et l'Union européenne réunis. Celui qui dessine la carte définit souvent ce que l'on y voit.

Carte à surfaces réelles (projection Equal Earth) : l'Afrique à sa vraie taille.
L'Afrique doit pouvoir définir les questions, les méthodes et les priorités qui façonnent son avenir. Ses chercheurs, ses institutions et ses acteurs de terrain produisent des connaissances indispensables. Nous voulons qu'elles pèsent davantage dans les politiques, les négociations et les décisions de financement, en associant les personnes concernées dès la formulation des questions.
Les diasporas sont un acteur décisif de ce mouvement. En 2023, leurs transferts vers l'Afrique subsaharienne ont atteint 54 milliards de dollars, soit près de 1,5 fois les investissements directs étrangers, avec une stabilité bien supérieure. Mais leur apport dépasse l'argent : elles transportent des compétences, des réseaux et un regard croisé. Elles peuvent devenir les investisseuses, les entrepreneuses et les ambassadrices du VIVANT africain.
Ce regard croisé permet aussi un échange de bons procédés avec l'écologie occidentale. L'Europe a développé des outils précieux : mesure, normes, labels, finance verte. L'Afrique apporte des savoirs de sobriété, de gestion collective des ressources et d'usage raisonné de la terre, que d'autres ont perdus. Il ne s'agit pas d'importer un modèle, mais d'adapter des outils à une vision africaine de la préservation.
Le Moyen-Orient est l'autre grand partenaire de cette Afrique qui se redessine. Les liens sont anciens, humains, culturels et linguistiques ; ils sont désormais aussi financiers. Entre 2012 et 2022, les investissements directs des pays du Golfe en Afrique ont atteint 101,9 milliards de dollars, dont 59,4 milliards pour les Émirats arabes unis, 25,6 milliards pour l'Arabie saoudite et 7,2 milliards pour le Qatar. Et la dynamique s'accélère : en 2023, les entreprises du Golfe ont annoncé 73 projets en Afrique pour plus de 53 milliards de dollars, d'abord dans les énergies renouvelables et l'hydrogène vert. Ces flux peuvent encore croître, à condition de bâtir la confiance qui manque aujourd'hui : des règles claires, des transactions sécurisées et des projets qui profitent aux territoires. The LIVING Nexus veut être l'un des ponts de cette relation Afrique-Golfe, aux côtés de la relation euro-africaine.
Notre ancrage panafricain reconnaît la diversité du continent. Il est ouvert sur le monde, attaché à la démocratie et au pluralisme, et appelle des partenariats où les acteurs africains disposent d'une véritable capacité d'orientation et de décision.